Les faux-tographes

Bien présents dans le milieu de la photographie et pourtant très très indésirables, les faux-tographes font souvent grincer des dents… à juste titre !

La parole est aux modèles :

Mei-Li

J’ai rencontré de très bons photographes mais aussi des faux-tographes. Comment les discerner ? Ce n’est pas toujours simple évidemment.

En premier, vous avez celui qui vous proposera une séance lingerie. Puis en discutant un peu plus longtemps ce même photographe vous dira « pourquoi pas du nu » (soit disant « artistique »), puis il amènera par la suite dans la conversation le thème pornart !

En deuxième, vous vous déplacez en-dehors de votre région pour effectuer une séance photo : le photographe semble sérieux, la séance et les photos sont effectuées pour un thème mode ou décalé par exemple. Puis après plusieurs mois sans nouvelles et sans photo, vous vous apercevrez qu’au final il vous parle beaucoup de sa vie de célibat, de libertinage et qu’en fait la séance ne l’intéressait pas vraiment mais qu’il avait toute autre chose en tête.

Et enfin en troisième, vous avez celui qui vous proposera une séance professionnelle pornographique avec un appareil photo type smartphone (celui-là c’est la cerise sur le gâteau !).

Pour toutes les modèles : n’hésitez pas à présenter un contrat bien formulé et aussi n’hésitez pas à discuter longtemps avec la personne avant toute séance photo. Etre modèle est pour beaucoup une passion et malheureusement après avoir vécu ce genre d’aventures certaines ne s’en remettent pas et abandonnent.

Mei-Li

Crédit photo : Still Pics

Lou Savage

Pour ce qui est du monde de la photo, il faut toujours rester vigilant envers les personnes qui nous contactent pour la première fois. Je trouve que cela ne va pas en s’arrangeant : il y a des faux-tographes partout.

On les reconnait vite car souvent ils parlent d’argent et de façon alléchante finissent par demander des clichés pris avec le téléphone de nous nude… ou demandent absolument de venir seule au shooting. Bien entendu, ils n’ont souvent pas de book à présenter. Leur but est simple. Ce sont, je dirais, des prédateurs à la recherche de jeunes demoiselles pour les mettre dans leurs lits et en abuser. Du moins pour ma part, c’est seulement ce genre d’individu qui me contacte.

Je n’ai jamais eu de cas en shooting car je prends grand soin de sélectionner mes collaborations. Par contre, je me fais souvent harceler par message privé je suis donc obligée de bloquer ces gens.

Lou Savage

Crédit photo : Alexandre Boissinot

Enthea

Vous avez tous entendu parler de « Faux-tographes », avec en première ligne, ce jeu de mot plus ou moins (plus moins que plus…) bien trouvé, pour les séparer des « vrais-tographes ». Les photographes, quoi.
Celles (ceux ? Peut être…) qui ont eu affaire à ces individus savent qu’ils ne sont en rien photographes. Et en ça, leur en attribuer le statut, même juste sur un malentendu oral, c’est déjà leur prêter ce qu’ils ne méritent pas.
Personnellement, ce terme m’agace beaucoup. J’utilise plus simplement et justement « connards ».
Exemple d’utilisation quotidienne :
« _ Hey, salut ! Ça fait longtemps, quoi de neuf ?
_ Oh rien de très intéressant, ce matin j’ai mangé une pomme, et puis je suis allée rencontrer un mec qui disait vouloir me prendre en photo. Il a tenté de m’intimider, puis il m’a fait des compliments salaces qui m’ont mise mal à l’aise (il ne l’a pas remarqué parce qu’il était trop occupé à bander), et quand j’étais en train de poser à demie-nue, en plus de mater sans aucun respect, il a touché mon corps sans me demander la permission. C’était un vrai connard, je lui ai envoyé un AR de mes rotules dans les couilles, et je me suis barrée.
_ Oh, désolée pour toi… T’as bien fait. On va se faire un ciné pour oublier ? ».

Ça fait 10 ans que je pose, j’ai eu le temps de voir pas mal de photographes différents. C’était beaucoup de bonheur, et quand même… Quelques désastres. Et les bons, ceux avec qui on repart pleine de supers souvenirs, ceux que l’on veut revoir, à qui l’on recommande nos amies, etc. J’aurais mille anecdotes à vous raconter sur ces moments géniaux que l’on peut partager, ces rencontres, l’honnêteté des personnes avec lesquelles ont a créé plus qu’une image, mais des souvenirs extrêmement forts. Ce sont eux, les Photographes. Et je ne parle pas de qualité picturale, mais de démarche. Ce sont eux qui, si, tous ne peuvent pas être aussi géniaux, se sont au moins abstenus de commenter notre physique en croyant qu’on avait envie de leur opinion, et que ça nous ferait plaisir de savoir si on est trop maigre ou trop grosse à leur goût. Pas assez de seins ? Un peu trop ? Ta gueule, en fait. Ce sont ceux qui ne se sont pas dit une seconde « mmmmmhh je vais me la faire contre le mur. Oh merde, le bouton de ma braguette va craquer ». (oui on sent ces choses là hein…) Ce sont ceux qui, naturellement font preuve de respect pour votre corps et votre besoin d’intimité, et qui à AUCUN MOMENT n’apportent leur sexualité dans le shooting.

Je suis également photographe, ce qui est assez intéressant pour parler du sujet avec une double vision de la situation.
En tant que photographe, on a parfois la nécessité d’avoir une action sur le corps du modèle (pour qu’il ou elle garde une pose géniale, mais en bougeant une mèche de cheveux, par exemple). Ce qui n’exclue en rien de DEMANDER si on peut le faire. Quelle que soit la proximité que tu penses avoir avec ton modèle. Il ou elle est devant toi, elle te fait confiance. TU TOUCHES PAS si il n’y a pas de consentement clair et oral. Et si tu vois qu’il y a de la gène, et bien tu fais autrement. C’est simple, on en a parlé 1000 fois, et pourtant il y a toujours du monde pour faire autrement. Pourquoi ? POURQUOI ?!

Oh et puis merde. On pourrait parler de la manière de demander à une femme de poser nu. On pourrait parler des conditions de shoot (endroit pour se changer, personne d’autre pour mater, lieux sécurisés), on pourrait parler du respect (pas de commentaire, même flatteur sur le physique des modèles ! Non mais quel est le fuck, dans votre tête ?) de la manière dont devraient se comporter ces Connards (c’est pas vulgaire, c’est un qualificatif).

Mais on ne va pas le faire. Si tu es un photographe et que tu as un doute sur le fait que tu sois suffisamment  réglo avec tes modèles, que tu te questionnes : c’est une bonne chose, merci pour elles. Je te laisse te renseigner sur tout ce qui est respectueux à faire et ne pas faire.
Si tu es un connard : On te retrouvera. A la Fight Club. Tu sais, la scène avec la paire de ciseaux…

Quelques anecdotes des plus courantes :
Un jour, j’étais au téléphone avec une amie de longue date. Elle est superbe, et se fait régulièrement arrêter dans la rue pour poser. Sauf qu’elle est pas très bien rodée sur les Connards. Elle me racontait :
« Tu sais quand j’ai fait le premier shooting, j’étais pas très à l’aise avec moi-même, j’avais peur de ne rien rendre. Le photographe me montrait nos photos, il me disait que c’était super. Et pour me rassurer il a même dit « Regarde, je bande, c’est que tu fais bien ton travail ! »… C’est pas normal, non ? »

… Je sais même pas quoi dire. J’en bave encore de rage.  Mais j’aimerais beaucoup que les photographes qui lisent ceci comprennent ce que les modèles traversent. Et soient d’autant plus attentifs à leurs comportements. On a toutes vécu, et certaines bien plus que d’autres, des situations humiliantes, traumatisantes, violentes, dans des contextes pseudo-photographiques. Et revenir poser pour d’autres est une vraie preuve de confiance, qui, j’aimerais, soit gérée avec beaucoup de douceur et d’empathie de la part des photographes.

Une anecdote personnelle, qui date de mes premières années en tant que modèle. A l’époque, j’avais déjà fait du « porn-art » (bon, le terme « art » est discutable…) pendant deux-trois ans, et j’avais appris à faire respecter ce que je voulais de mon corps, ferme et méfiante, mais je restais une jeune femme timide, douce, et ne souhaitant pas le conflit. Ça se voyait CARREMENT sur ma tête. (Et ça ne justifie en rien d’avoir essayé d’abuser de ma gentillesse).
Bon, je pars en forêt avec un photographe que je connaissais déjà, pour un shooting de nu (je ne l’aurais jamais fait sans avoir déjà shooté avec la personne auparavant… Trop risqué à mon goût, à ce moment-là). Le shooting se passe bien, en fait je ne me souviens plus trop des détails, peut-être y a-t-il eu des indices qui auraient du m’alarmer ? Je vais voir (je suis nue évidemment) ce que rendent les photos sur le boîtier, puis je me retourne pour montrer un endroit au photographe (je lui tourne alors le dos) (tu la sens venir, l’embrouille ?…) « Oh regarde, là-bas ça pourrait être un super coin ! »
En guise de réponse ? Il s’approche tout près et me fait un bisou dans le cou !
Choquée. Malaise. Recul. Silence. Moi à poil dans la forêt face à quelqu’un qui vient de m’embrasser sans mon consentement, et quand je lui tournais le dos. Je lui faisais confiance. Il n’y a personne autour de nous. A toute vitesse dans ma tête : qu’est-ce qu’il risque de se passer d’autre ?! Je cours maintenant, ou je fais comme si tout était normal ? Je suis toujours à poil, et j’ai pas de chaussures. Je peux me défendre au besoin. Il n’y aura peut-être pas besoin. Il faut faire quelque chose maintenant.
Et je l’engueule. Et j’invoque une puissance protectrice : mon mec ! Et si il avait était là, hein, tu l’aurais fait ?!
Enfin… Je ne l’engueule pas vraiment. Je hurle dans ma tête. Je me souviens que je me suis forcée à restée calme et polie. Je m’en veux encore. Je suis quelqu’un qui essaie de contrôler ses réactions. Je ne fais d’esclandre que si je suis certaine que c’est légitime. J’ai douté de moi. A un moment, dans ma tête, j’ai cru que peut-être, j’allais abuser si je m’énervais. Que c’était pas si grave. Je vous JURE. Merci l’éducation patriarcale. Mais pourquoi, POURQUOI ? A quel moment il a mérité ce respect de ma part ?

Je m’en suis voulu  d’avoir tempéré mes émotions « pour ne pas faire d’esclandre » (et en même temps… Paye ta position de faiblesse à ce moment-là… On était venu avec sa voiture, et j’étais seule, à poil face à lui). Je m’en suis voulu d’avoir continué le shooting comme si rien ne s’était passé « parce que c’est fini et c’est pas si grave ». Je m’en suis voulu d’avoir parlé de mon mec, pour faire respecter mon corps, comme si ma propre existence ne suffisait pas. Il ne devrait pas y avoir besoin d’invoquer une puissance masculine protectrice.
Tout cela, ce n’est pas normal.
Et je me suis pardonnée. Avec du recul, ce n’est bien entendu pas à moi que je dois en vouloir, c’est à lui.
Aujourd’hui, loin d’avoir oublié, je suis encore plus en colère. Contre lui, et contre les autres.
Ma meilleure amie à été abusée par plusieurs gars, dont un très connu dans le milieu, qui profite de sa notoriété pour faire venir des modèles inexpérimentées et leur faire subir des choses anormales dans les shooting shibari.
Mais je vais vous raconter l’histoire (promis après j’arrête) d’un autre photographe, avec cette même amie qui, après l’avoir droguée (à son  insu), fait picoler (de son plein gré), et baisée (ça franchement…), l’a balancée dans  les rues de  Paris, à minuit. « Allez, il faut que tu partes maintenant ». Elle m’a appelé en pleurs (nous étions sur paris ensemble, à des shooting différents) parce qu’elle n’arrivait plus à se lever ni à bouger et qu’elle était dehors seule dans la rue. Elle avait peur. Elle n’avait plus moyen de s’orienter ni de se défendre.
J’étais avec un photographe, un vrai, à ce moment là. On a arrêté directement le shooting et il m’a accompagné (au cas où il y ait un souci et qu’il faille porter mon amie) dans Paris, pour la récupérer avant qu’il ne lui arrive quelque chose. Mission réussie (elle avait retrouvé sa mobilité), et il nous a laissé seulement quand nous étions en sécurité, pas loin de notre logement. Et pour ça, il aura toute ma reconnaissance. Merci. Tellement.

D’autres histoires comme ça, j’en ai trop pour faire un article… On en a toutes beaucoup trop, vous savez…

Alors pour clore cet article, j’ai une faveur à demander aux modèles. Pour les modèles. Il nous arrivera à toutes, de shooter avec des Connards, par erreur.  Mais pour que cela se produise de moins en moins, il est possible de faire plusieurs choses :
En parler. J’ai eu beaucoup de discussions avec des modèles, quand je leur proposais de dénoncer des abus collectifs, qui ne voulaient pas « pour leur réputation ». (En parlant de réputation… Vous êtes sûre que vous voulez avoir la réputation d’une nana dont on peut abuser sans qu’elle ne se défende ?!).
Et également un autre truc tout simple : n’utilisez pas les photos des personnes dangereuses. Même si ces photos sont superbes. Car c’est leur donner une visibilité dangereuse pour d’autres filles.

Restons ensemble. Protégeons-nous. Entre modèles mais aussi avec le soutien de nos camarades photographes, les vrais, ceux qui travaillent avec nous, ceux qui nous respectent. Pour faire disparaître le pouvoir et la notoriété de ceux qui abusent de notre intégrité physique et morale.

Je vous embrasse toutes.

Enthea

Crédit photo : N. De Bacchus

Lucy Earwen

J’ai vécu ma première mauvaise expérience il y a 1 an. A vrai dire, le mot « vécu » n’est pas vraiment adapté car en fait, tout s’est fait par messages.

C’était courant février, je reçois un message sur Instagram du compte photographe d’un monsieur dont j’admirais beaucoup le travail. Une amie à moi avait shooté avec lui, j’avais beaucoup aimé les photos donc j’étais plutôt contente qu’il me contacte. On discute du shooting, notamment d’où on pourrait le faire sachant qu’il venait de loin exprès. Je propose tout naturellement mon appartement pour éviter des frais supplémentaires. Il m’expose son projet, des photos pleines de sensualité, complètement nue, le corps plutôt tordu… Je connaissais et savais que j’en étais capable, rien de nouveau pour moi. Il continue en me disant explicitement cette fois qu’il aimerait que je me lâche lors de ce shoot, que j’en arrive clairement à me satisfaire avec mes mains, le but étant que les expressions corporelles soient vraies et non simulées afin d’atteindre les clichés qu’il souhaitait réaliser. J’ai d’ailleurs eu droit à quelques photos (brutes) de modèles qu’il avait réalisé comme exemple à ses dires. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à tiquer. Sur le principe, la sensualité/le nu d’accord, mais des choses plus érotisées voire pornos ne m’intéressaient pas donc je lui ai juste laissé entendre que je verrais d’abord comment la séance se passe pour le nu « classique » avant d’envisager quoi que ce soit d’autre. Quelques jours plus tard, je vois passer le signalement de ce photographe sur les groupes Facebook auxquels j’appartiens concernant les « Photographes à éviter ». Après de longues discussions avec la fille qui était en recherche de témoignages, je comprends que ce photographe use de la naïveté des modèles et de leur manque d’expérience pour leur faire accepter tout et n’importe quoi en matière de clichés. C’est grâce à elle et les autres filles victimes que j’ai pu échapper à cette mésaventure. J’ai annulé le shooting instantanément.

Avant toute collaboration ou projet photographique, je conseille vivement aux modèles (finalement, débutantes comme plus expérimentées), de se renseigner au maximum sur la personne qui va les prendre en photo. Ce n’est pas quelque chose d’anodin la photographie, encore moins de se retrouver nue devant un inconnu. Autant avoir le maximum d’infos bien en amont pour s’y préparer. Le mieux aussi étant, si possible, une rencontre au préalable dans un lieu public type terrasse de café pour déjà se faire une idée du personnage, discuter de vive voix du projet, et éventuellement dissiper toutes ses interrogations. C’est également conseillé je dirais de poser la question directement à des modèles ayant déjà posé pour ce photographe. Je l’ai fait à maintes reprises, et d’autres me demandent parfois aussi si tel ou tel est recommandable ou pas. Une modèle m’a d’ailleurs surnommée récemment sa « guide photo » car elle me demande souvent si ce monsieur avec qui j’ai shooté est correct ou non car il l’a contacté. Elle n’a eu que des bonnes expériences grâce à cela. J’ose espérer que d’autres nombreuses modèles agissent ainsi afin de se protéger au maximum.

Lucy Earwen

Crédit photo : Bernard Sengairac

Alixia Busch

Envisager la bonté, être magnanime en toutes circonstances.

Du problème du TFP ou pose contre CD en photographie :

Il est important d’avoir une copie des photos pour promouvoir son travail de modèle ainsi que le travail du photographe, nous savons très bien que les pages les plus visitées sont celles des modèles, par ce biais, elles font aussi la publicité des photographes.

Photographe et modèle sont tous deux gagnants à posséder les images.

Si le photographe ne défraye pas un minimum ou ne rémunère pas le modèle, c’est tout un métier et un savoir faire qui meurent, faute de moyens.
Pour vivre pleinement sa passion, il faut aussi qu’elle soit alimentée car tout coûte dans ce monde matériel, et le temps donné à l’image est un temps qui n’est pas utilisé à faire un autre métier alimentaire.
De plus, les modèles qui en font une vocation et un métier investissent pour la plupart en costumes et matériel, allant jusqu’à avoir leur propre studio professionnel.

Il faut y penser.

Même si souvent les modèles pro peuvent en vivre mieux que les photographes grâce au boom du numérique et du nombre d’amateurs qui par ce biais se sont improvisés photographes et ont réussi grâce à la simplicité des médias actuels (Photoshop, Gimp, les appareils photos toujours plus performants, voire les nouveaux Iphones).
Parallèlement le numérique a tué bon nombre de photographes « à l’ancienne » mais a permis aux modèles de vivre enfin de leur métier.
Je ne vous raconterais pas ce temps où l’on se trimballait avec des books énormes dans les cartables pour attendre un photographe qui ne venait même pas au rendez-vous, ou bien seulement pour nous dire :

– Ah, mais je ne rémunère pas les modèles, le matos, les pellicules et les produits sont trop chers… Je ne suis pas Jonvelle, vous comprenez ?

Ou bien :

– Si je vous donne cent franc, vous n’aurez pas les images pour votre book, vous comprenez ?

On a compris, et pendant des années, l’on a été aliénées de nos performances pour avoir trois miettes à manger sans pouvoir se faire un nom, faute d’images.
La plupart du temps, les photographes ne nous mentionnaient même pas quand ils exposaient.
Visages et corps de l’ombre,
Expressions d’immortelles
Rêvant mais à jamais muettes…

Mais voici que l’oeuvre au noir
Lentement libère
La douce clarté
La lumière
Crie l’immortelle
Sortant de son long sommeil

Ewig Edwig !
N’abandonne jamais !

J’arrête avec mon lyrisme à deux francs.

Grâce au boom du numérique, tous ces modèles de l’ombre ont enfin pu commencer à vivre leur passion et se faire connaître.
Comme j’ai eu la chance de ne pas finir aigrie malgré mon côté hypermnésique et vengeur, j’ai une pensée pour tous ces photographes du temps de l’argentique, des clients que j’ai profondément aimés, mon oncle qui m’a toujours donné un petit quelque chose et ce grand père rescapé des camps que je n’ai jamais connu, tous ces artistes que le numérique à flingués car ils étaient témoins d’une époque, tant rompus à leur art qu’un réapprentissage à la baisse leur paraissait absurde et abscons…

Donc aujourd’hui, nouvelle donne.

La crise, les amateurs qui continuent à rémunérer des modèles pour passer un moment ludique et oublier les pressions d’un travail aliénant et leurs soucis du quotidien toujours plus présents en ces temps troublés.

De plus en plus dur pour les artistes indépendants et cela ne va pas en s’améliorant…
Donner le meilleur, « faire » la photo de l’amateur qui souhaite une prestation parfaite « comme ce qu’il a vu dans les books ».
Mais ne pas pouvoir non plus poser pour ceux qui se disent professionnels (qui devraient en vivre, non ?) et demandent pourtant des collaborations en pose contre CD…

Alors quand le photographe qui demandait juste innocemment :

– Mais qu’est-ce que ça veut dire « pas de pose contre CD ? »

Ne soyez pas non plus interloqué si nous avons hélas l’habitude de personnes répondant ironiquement et par pure cruauté
« je ne comprends pas »
Voulant dire :
« mais vous devriez poser gratuitement, puisque c’est votre passion ! »
Chat échaudé craint l’eau froide et parfois, trop de remarques de la sorte font oublier la bonté et le simple échange de renseignements.

Ne pas être aigri, rester magnanime, compréhensif…

En espérant n’avoir froissé personne d’un côté comme de l’autre, c’est déjà un bon début.

Ne pas sortir de ses gonds ni entrer dans le jeu qui voudraient nous faire croire que nous sommes dans l’erreur.

Cette vertu permet, entre autres, de débusquer plus facilement les vrais niaiseux et autres trouble-fêtes qui en plus de vouloir avoir tout pour rien (et ce n’est pas là le problème, tout le monde tente sa chance et moi la première) se montrent injurieux quand ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent.
(Et je ne parle pas de ceux qui cherchent une petite amie par le biais des photos en insistant lourdement.)

Encore là, on peut leur expliquer la raison afin de les y ramener.
Car n’oublions pas que des quiproquos peuvent naître de la mécompréhension.

La personne réellement malveillante aura tôt fait de se révéler si après tout cet exposé, elle ressent encore de la haine à l’égard du modèle qui n’a pas voulu ou simplement pas pu, poser uniquement contre CD.

Alixia Busch

Crédit photo : Philip Conrad

Linda Ragot

Les faux-tographes, c’est un sujet qui est parlant pour beaucoup de modèles, malheureusement. En passant par les arnaques ou le harcèlement, cela peut être déstabilisant.

Pour ma part, j’ai en majeure partie rencontré de fausses demandes de collaborations, où l’on nous promet monts et merveilles et il se trouve que la personne derrière la demande n’est même pas photographe.

De plus, certains photographes peuvent profiter de leur statut pour vous harceler. Et, si vous n’êtes pas ouverte à leurs requêtes, ils vous menacent de publier certaines photos que vous préfériez garder pour vous. Puisque, la confiance et confidentialité est censée primer. D’ailleurs, on a déjà publié une photo à mon insu.

Ce sont ce genre d’expériences qui peuvent nous refroidir ou nous effrayer pour l’avenir.
Mes conseils seraient de toujours être accompagnée lors de vos séances photos, de poser vos limites et bien sûr, de vérifier les coordonnées du photographe en question. Et pourquoi pas, demander des retours d’expérience à d’autre modèles.
Linda Ragot
Crédit photo : JLD

 

Calapy Laety
Le fléau de l’air du numérique dans le monde artistique de la photographie a fait naître un certain nombre de personnages appelés « les Faux-tographes » qui sont tout particulièrement dans le secteur de la photographie avec Modèle.
La photographie est un art qui permet de faire passer des émotions, de pouvoir exprimer des pensées et des idées ou tout simplement figer un instant, quelles que soient les techniques, quel que soit le style. Pour la photographie avec modèle, le danger est de tomber sur ces fameux « Faux-tographes » qui utilisent ce nouvel air numérique, qui facilite l’accès à cet art et pouvoir se prétendre photographe afin d’atteindre via les réseaux sociaux, tel un site de rencontre, les modèles. Certains sont plus manipulateurs que d’autres. Lors de contacts virtuels, on peut en repérer quelques-uns par leurs écrits qui sont de suite très évocateurs dans leurs recherches : moins intéressés par l’art et la réalisation d’une séance photographique, mais plus sur l’intérêt qu’ils portent à la femme qu’est la modèle. Le refus catégorique sans raison artistique d’un accompagnement sur la séance photographique est annonciateur de ce genre de « Faux-tographe », qu’il soit amateur ou professionnel depuis des années, de ce fait, bien penser à annoncer que vous serez accompagnée de votre conjoint, même si cela n’est pas avéré, mais cela vous permettra de faire un premier tri. A savoir que cela n’est toujours pas suffisant pour tous les déceler, afin d’élargir vos chances de pas tomber sur ce genre de spécimen, vous pouvez encore faire des recherches via l’outil internet, sur le travail éventuel de cet artiste intéressé par votre profil artistique, s’il possède un book, un site.
Pour enrichir cet écrit sur les « Faux-tographe », que vous puissiez voir ce que peuvent réaliser ces personnes, voici quelques exemples : une personne me contacte sur ma messagerie instantanée messenger, en se présentant comme photographe dans une région ensoleillée, jusque-là tout va bien. Il passe par les compliments à mon égard sur ce que je dégage sur les photos, sur mon travail effectué avec mes différentes collaborations, il commence à être un peu plus familier et me propose d’aller faire les boutiques pour me payer des vêtements, de m’inviter à dîner et tout cela pour le plaisir, aucun lien avec la séance prévue. Celui-ci est assez soft, le suivant est plus intriguant : toujours le même scenario de prise de contact standard, puis on passe à l’organisation de la séance que je décide de bien vouloir réaliser avec ce photographe qui à l’air honnête et un travail qui me plaît, à ce moment-là l’étau se resserre, tout en étant de la collaboration, ledit photographe me propose de me payer le billet d’avion car nous sommes à une distance assez lointaine et le faire seule en voiture devient compliqué pour ma part. Il en vient à l’hébergement où à un moment donné me dit « par contre le souci, je ronfle la nuit quand je dors, j’espère que cela ne te dérange pas », après cette proposition de billet d’avion et de ronflement, je l’informe que je ne me déplacerai pas seule mais accompagnée de mon conjoint, bizarrement le comportement changea en un éclair… plus de nouvelles !!!
Afin de limiter le jour J de votre séance photographique, d’avoir de mauvaises surprises et d’avoir affaire à un « Faux-tographe » qui se rince l’œil voire davantage, restez le plus professionnel vous-même sur vos supports artistiques, informez que vous serez accompagnée de votre mari, compagnon, proche ou ami et que vos conversations restent typiquement et exclusivement en lien avec l’art photographique.
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Crédit photo : Ceril Aubert

 

Medusa MA
Je suis modèle photo depuis environ 2 ans. J’ai connu du monde durant ces années et j’ai malheureusement été confrontée à du harcèlement et quelques comportements désagréables envers moi.
Depuis le numérique, la photographie est accessible à tous et parfois à n’importe qui. Il existe énormément de faux-tographes, comment les reconnaître ?
Je conseille aux modèles de toujours vérifier le book d’un photographe. Si la qualité est moindre et que celui-ci fait des photos nus type vulgaire c’est à fuir. Pareil pour les photographes qui proposent des rémunérations, en général ils sont à éviter sauf dans un cadre professionnel.
Un photographe insistant sera également une mauvaise expérience pour vous, le harcèlement est un signal d’alerte pour éviter ce genre de spécimen.
Je n’ai jamais rencontré les photographes avec qui j’ai travaillé avant de faire une séance photo. Attention aussi à ceux qui proposent d’héberger également.
Ne jamais laisser un photographe vous toucher lorsque vous êtes en lingerie ou nu même si c’est pour replacer une bretelle, il n’a pas le droit d’avoir un contact physique avec son modèle sauf sur demande d’autorisation.
Malheureusement, parfois on ne peut pas savoir comment est le photographe avant d’avoir travaillé avec lui. Si vous n’êtes pas à l’aise pendant la séance, arrêtez de suite et soyez accompagnée.
Un jour, on en viendra à bout des ces photographes pervers et vicieux.
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Crédit photo : Titchia Photographe

 

Poursuivez votre lecture avec l’article intitulé Le « Fauxtographe » sur focale31 :
www.focale31.com/fauxtographe.php

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PJ Garcia

Photographe de talent basé à Toulouse, PJ Garcia est sans cesse à la recherche de nouveaux visages pour enrichir son book et partager sa passion.

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Crédit photo : PJ Garcia

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Crédit photo : PJ Garcia

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Crédit photo : PJ Garcia

 

Book : http://www.picslfoto.book.fr
Facebook : http://www.facebook.com/PicsLfoto

Mei-Li

Modèle passionnée d’origine vietnamienne, Mei-Li est basée à Bordeaux. Elle pose depuis 2009 dans tous les styles : portrait, urbain, pin-up, lingerie ou nu artistique.

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Geoffrey Pakiadès

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

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Crédit photo : Euphoria Art

 

Book : http://www.mei-li.book.fr
Facebook : http://www.facebook.com/Mei.Li.mod

Marie Alfgard

Modèle passionnée des univers médiéval/fantastique, Marie Alfgard est également ouverte à d’autres styles !

Une sensibilité artistique emplie de charisme, souvent proche de la féérie…

Melissa Duwez

Crédit photo : Melissa Duwez

 

Gregory Pictures

Crédit photo : Gregory Pictures

 

Audric Larose

Crédit photo : Audric Larose

 

AcupAinture

Crédit photo : AcupAinture

 

Olivier Parent

Crédit photo : Olivier Parent

 

David Faux

Crédit photo : David Faux

 

Nilakantha

Crédit photo : Nilakantha

 

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Crédit photo : Melissa Duwez

 

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Crédit photo : Gregory Pictures

 

Accalmia

Crédit photo : Accalmia

 

Book : http://www.alfgard.bookfoto.com
Facebook : http://www.facebook.com/Marie.Alfgard

Comtesse Léa

Photographe spécialisée en shooting à thèmes ou relooking avec makeup/coiffure, modèle de 15 ans d’expérience, maquilleuse/coiffeuse à votre disposion pour vos délires les plus fous ou une simple mise en beauté, créatrice spécialisée dans les coiffes et bijoux mais aussi les costumes de danse et lingerie, et enfin performeuse burlesque (de l’effeuillage à la danse orientale en passant par le fakir) : Comtesse Léa est tout ceci à la fois, une véritable artiste-caméléon aux multiples facettes et des projets plein la tête !

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Crédit photo : Comtesse Photography

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Crédit photo : Comtesse Photography

 

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Crédit photo : Comtesse Photography

 

Book : http://www.comtessephotography.book.fr
Facebook : http://www.facebook.com/comtesseleamodelphotographermuah

Tina Von Nekro

« Tina » pour l’actrice principal de Freddy, « Von » pour son amour pour l’Allemagne et « Nekro » pour le groupe Nekromantix, la musique psychobilly et le côté morbide : quoi de plus naturel pour une fan de films d’horreur et des univers gothiques !

Pin-up et modèle photo depuis 2004, Tina Von Nekro a eu un vrai coup de cœur pour les pin-up américaines modernes, avec leurs tattoos et leurs magnifiques coiffures. Et dès ses premiers shoots, Tina a eu beaucoup de succès : couverture de magazines, émission TV, etc. Tina Von Nekro a même été la 1ère Suicide Girl française !

Depuis, Tina a beaucoup voyagé et a été photographiée en Allemagne, Hollande, Belgique, aux USA… Elle a également travaillé avec des marques et créateurs, mettant à plusieurs reprises sa carrière de modèle en pause pour se consacrer à son métier de coiffeuse et perruquière ou pour pouvoir voyager (le voyage est indispensable dans sa vie) ! Tina voit aujourd’hui l’univers photo et son job d’une autre façon : elle a envie de réaliser des projets plus fous et plus diversifiés. Elle s’est mise à coudre, à réaliser des bijoux et des coiffes pour ne plus avoir de limites à son imagination…

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Authentik photography

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Authentik photography

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Authentik photography

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Fairy Decadence

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Crédit photo : Authentik photography

 

Book : http://www.tinavonnekro.bigcartel.com
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Manon Botineau

Modèle en France et à L’Etranger, Manon Botineau pose avec passion et professionnalisme pour tous types de projets en-dehors des projets à caractère érotique ou pornographique.

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Crédit photo : Lionel Le Biollay

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Crédit photo : Tlex

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Crédit photo : Tlex

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Crédit photo : Noémie Nirat

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Crédit photo : Zoé Roulon

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Crédit photo : Fabrice Mabillot

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Crédit photo : Zoé Roulon

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Crédit photo : Maude Roodier

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Crédit photo : Fixum Luxem

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Crédit photo : Tany Darhen

Book : http://www.whitewolfmodel.book.fr
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